28.11.2006

Durkheim 1 : Le sacré est générique pour la religion

Le durkheimisme est un athlétisme de la définition. Il voudrait ainsi se prémunir des préjugés et des pré-notions. Ainsi l'assignation du religieux au mystère, à l'inexplicable, comme au critère de la divinité (le plus souvent pensée comme divinité personnelle) : tout cela n'est pour Durkheim qu'idées reçues, dérivées de la tradition judéo-chrétienne, et fortement dominées par un tropisme de modernes. Distinguer le domaine de l'explicable et de l'inexplicable, c'est un peu tout cela : fides quaerens intellectum d'une part, et d'autre part la migration de Dieu hors de tout attribut ontologique, l'ontologie étant captée par la science moderne.

*

On pose donc, d'entrée de jeu, une définition du religieux qui nous protègerait contre les préjugés. Dans son libellé complet, archi-connu, la voici :

Une religion est un système solidaire de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées, c'est-à-dire séparées, interdites, croyances et pratiques qui unissent en une même communauté morale, appelée Église, tous ceux qui y adhèrent. Le second élément qui prend ainsi place dans notre définition n'est pas moins essentiel que le premier; car, en montrant que l'idée de religion est inséparable de l'idée d'Église, il fait pressentir que la religion doit être une chose éminemment collective. (FEVR, Ii4)

Les caractéristiques de cette définition sont les suivantes : elle est une définition nominale, programmatique et classificatoire.

Nominale – On dit de quoi on parle (moyennant toutes les ambiguïtés du signifiant), non pas encore ce que c'est. Car « ce que c'est » reste l'œuvre d'une définition conceptuelle, disons que le livre entier en porte l'ambition. Resterait à savoir si une définition conceptuelle est réelle, mais c'est un autre problème qu'on laissera de côté en posant seulement que tout concept empirique de la sociologie n'est, pour Max Weber, qu'idéal-typique. Idéal donc, et non pas réel. Durkheim ne traite pas la question, son anti-kantisme de base l'empêchant même de la concevoir.

Programmatique – Car la distinction des croyances et des pratiques, les unes se rapportant aux autres comme la pensée au mouvement, annonce le plan du livre : dans un premier temps nous traiterons des croyances comme pensée du religieux, puis du culte, ou des rites, comme mouvement ou activité du religieux. On s'expose ainsi à méconnaître que le mouvement pense, mais enfin ce point ne sera abordé que plus tard.

*

Classificatoire – Mais il y a un terme non défini, qui avère qu'une définition nominale est le plus souvent une définition qui procède par genre prochain et différence spécifique. Ce terme c'est le sacré. Le sacré est générique pour la religion qui n'en est qu'une espèce, et qu'on tiendra à distinguer d'une autre espèce, à savoir, par exemple, de la magie. Ainsi le second élément du libellé (union en une même communauté morale de tous ceux qui y adhèrent) sert à la distinction du religieux et du magique, celui-ci étant en quelque sorte, le free-lance du sacré.

Oui, mais qu'est-ce que le sacré ? Ce qui est interdit ? On verra que, quoi qu'en pense Durkheim, le sacré ne saurait être défini autrement que par l'appel à une intuition commune.

25.11.2006

Madeira-telenovela

La lignée mâle des Sargo de Boaventura (au nord de Madère), se flatte d'avoir toujours été mal vue des autorités. La lignée maternelle, les Mendes de Funchal, (au sud de Madère) se flatte d'avoir toujours été bien vue des autorités. Les rejetons des premiers n'ont connu, le plus souvent, que l'exil et la prison. Ceux des seconds ont fait leur petite fortune en s'étant fait livrer des chaises de théâtre de l'Autriche-Hongrie, juste avant que celle-ci ne disparaisse : ils cherchent encore à qui payer une facture qui date de 1914.

Ainsi donc, aussi loin que la mémoire en remonte, les Mendes Sargo ont toujours été sous surveillance familialo-inquisitoriale. Le Saint-Office politico-moraliste est toujours branché

Du matin :

 

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Au soir :

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Et vous remarquerez qu'il prend son temps.

C'est que les peines de l'enfer sont éternelles, dit saint-Augustin (d'ailleurs il est froid). Et que le purgatoire n'existe que pour ceux qui y croient (et il est chaud).

18.11.2006

Clausewitz 1 : Contre l'obscurantisme de la technoscience

L'extension indéfinie de la métaphore stratégique, dont nous traitions précédemment comme l'une des caractéristiques du discours contemporains de la guerre, contient ceci d'original qu'elle est aussi un discours de la société. Ce point est de tout intérêt.

On se bornera à remarquer d'abord que la métaphore stratégique a eu bien avant notre époque des usages classiques limités. Le plus universel, et sans doute le plus ancien de ces usages, touche aux discours amoureux et aux stratagèmes de la séduction. Le genji monogatari (Dit du Genji) de Dame Murasaki Shikibu (Japon, XIe s.) en est un exemple, qu'on pourrait évidemment comparer au Hezar Afsane perse (VIIIe-IXe siècles), plus connu ensuite sous le nom de Conte des Mille et une nuits. L'Europe n'est pas en reste dans cette veine, depuis l'avènement de l'amour courtois jusqu'aux perversités de Mme de Lafayette (La Princesse de Clèves) ou de l'inévitable magouilleur du prince d'Orléans, Choderlos de Laclos (Les liaisons dangereuses). Tout cela s'effondre en France avec Flaubert et Maupassant : on voit l'infini de l'amour et on termine pharmacien à Pont-l'Evêque. Tout cela se sauve en Allemagne avec Kleist (Le Prince de Hombourg, la Marquise d'O).

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Les métaphores contemporaines n'ont pas cette dimension littéraire. Leur extension illimitée les empêche en quelque sorte d'avoir un domaine particulier, et de se distinguer dans les lettres. Si n'importe quel boutiquier peut et doit avoir aujourd'hui une "stratégie", c'est au prix de l'indistinction totale de ce qui autrefois paraissait deux domaines séparés : la technique, comme pensée des opérations humaines sur la nature (poïesis), la prudence (phronésis), comme pensée des opérations humaines sur les sujets humains (praxis). L'extension de la métaphore stratégique évoque dans notre monde la perte totale de cette disjonction au profit d'une pensée informe du techno(bio)politique. Non que le biopolitique, tel que Foucauld en a fondé le concept ne soit une réalité bien présente de la domination. Mais il est aussi son idéologie dominante, dont Marx disait qu'elle n'était pas autre chose que les idées de la domination elle-même. Dans cette obscurité générale, même les techniques se confondent entre elles, puisque toute technique ne peut être désormais pensée que comme un produit de la technoscience. Avec, comme nécessaire, des retours d'antimodernité vers une vie d'autant plus "authentique" qu'elle n'existe que comme utopie douce qui mélange toute les techniques entre elles : rhétorique, psychanalyse, cosmétique et tantras. L'art de vivre a été perdu au profit des arts appliqués de la domination.

Le Léviathan moderne, celui dont La Boétie nous disait qu'il n'avait yeux pour nous guetter ou de pieds pour nous fouler que des nôtres, se pare désormais des habits de lumière de la technoscience, qui ne sont que rayons obscurs d'un fantasme de la toute-puissance absolue de la puissance.

On posera contre tout cela l'axiome clausewitzien que la guerre ne contient rien d'absolu dans son résultat, et pas même dans son exercice. Que, pour être comprise et maniée, la puissance doit se penser comme plénière-limitée. Qu'il n'y a de supérieur en ce genre que l'art de la guerre, lequel demande plus de longueur d'âme qu'un satellite capable d'analyser la mayonnaise dans le sandwich d'un général irakien.

17.11.2006

Durkheim 0 : Critique des postulats

Depuis le 9 octobre, nous suivons le fil conducteur des "Formes élémentaires de la vie religieuse".

Nous n'avons pas eu peur de ranger certains postulats dans le tiroir, passablement rempli, de ce qu'il appelle lui-même des "pré-notions".

*

En premier lieu, dans la première partie de l'Avant-Propos, l'espèce d'équation élémentaire = primitif a attiré tous nos sarcasmes : ça sent bon le Dr Watson de la IIIème République. Mettez un "primitif" dans la salle des pas perdus à la gare Saint-Lazare, et il faut gager qu'il trouvera tout ça d'une inquiétante simplicité. A l'inverse, distinguons les formes de politesse et rites afférents entre deux clans Arunta (Australie du Nord), et il nous faudra pus d'un stage.

Le postulat d'une échelle linéaire de la complexité dans l'histoire humaine, est lui même la synthèse d'une série de préjugés (coloniaux, naturalistes, etc.) que nous avons révoqués en doute.

*

En second lieu, nous avons récusé une sorte de syllo-socio-logisme, qui fait l'objet "secondaire de la recherche" dans la seconde partie de l'Avant-Propos. Ce syllogisme qui veut (1. prémisse majeure) que la pensée est d'origine religieuse, (2. mineure) que la religion est d'origine sociale - ce que tout le livre voudrait établir - entraîne (3. conclusion) : nous laissons conclure ...

Ce syllogisme ne nous paraît qu'un enthymème, et il semble que les aborigènes ne sont là, comme leur nom l'indique, que pour donner à Durkheim le soin de nous montrer l'origine de tout.

 *

Ces pré-notions traduisent néanmoins, c'est l'avantage de leur inconvénient, la force et la portée du geste durkheimien, lequel, croyons-nous, tient à deux choses :

  1. Il s'agit de tenir la question de l'essence du religieux, malgré l'impossibilité méthodologique et empirique d'une comparaison analytique de toutes les religions de l'histoire humaine, ou même de certaines seulement.
  2. Il y a matière à penser la religion comme pensée. La voir comme une des manières d'habiter la terre. En reconnaître le fondement tellurique-architectonique.

*

Malgré toutes ces objections, nous aimons chez l'auteur cette imprudence que Max Weber n'a pas. Il y a, dans la naïveté de la sociologie positive du professeur négatif, un professeur positif.

16.11.2006

Chicoutimi du Tremblay, ou Tremblay de Chicoutimi

Voilà longtemps que je piochais dans le site de Chicoutimi en me disant : vivent les québécois (je n'ai pas dit le "Québec libre", ou l'Acadie, mais ça me chaufferait pas mal). Parce qu'ils sont canadiens (après tout, vu l'état de la "Grande Nation", je me dis souvent qu'au moins la grandeur est plus effective quand elle n'est pas déclarée), ces gens-là ont des lois qui les autorisent à mettre tranquillement en ligne le domaine public pour une raison simple, et qui mobilise seulement leur labeur : ce domaine peut et doit devenir public. Et avec eux, il le devient.

Depuis que mon ouvroir, j'espère aussi le vôtre, le nôtre quoi, est ouvert, je recense les éléments qui pourraient servir à des étudiants qui en ont marre de l'excellence des francs-chouïas de l'université française. (Voir le cadre sur les liens admirables). Aujourd'hui je reprends Chicoutimi et j'envoie ce que j'en pense au type derrière. Je ne badine pas avec l'admiration quand elle me vient.

Le type derrière me répond, et je tombe sur un site qui me sidère : voilà ce que je voulais faire, voilà ce que chaque enseignant devrait faire, et pourquoi je ne l'ai pas fait ? Tout ça est signé Jean-Marie Tremblay, et l'on voit même en page d'accueil ses photos depuis ... mai 68. Non, ce n'est pas Marignan, mais c'est mieux.

Cette bonne aventure est déjà arrivée, à plus d'un, on le sait : "Tout est dit, et l'on vient trop tard" depuis plus d'un lustre que le Tremblay le faisait (pcc La Bruyère). Mais j'ai le sentiment que ça m'arrive encore plus tard que tout le monde. Jamais on ne me dit les choses ...

Je ne sais pas si ce Tremblay-là est apparenté au Père Joseph, sinistrement décrit dans le Cinq-Mars de Vigny, mais je peux vous dire une chose : c'est l'éminence grise des textes classiques libres de la sociologie. C'est un coup à arrêter de crier "Vive le Québec L ...", et se faire canadien.

Bon, mes étudiant(e)s en vadrouille au Québec, pistez-moi tout ça à Chicoutimi, et dites-moi ce qu'on y fait pour survivre à l'hiver. L'enfer est froid, vous savez.  

15.11.2006

Mendes Sargo (père) et Visconti

Quand je le trouvais à Los Angeles en pleine insurrection du South Central, il me dit, en son mouroir : "Doudou, ta mère avait ses avocats, et moi j'avais mes valises".

On se souvient d'un film  de Tino (Celestino) Mendes Sargo comme diplôme de UCLA. Mal développé, on ne voit que rouge et du vert. "Bah, le cinéma est un genre mineur. Et puis c'est le drapeau portugais qui me poursuit."

Voilà qui me fait penser au Marquis de Pombal (le Richelieu du Portugal), ayant à son actif l'assassinat de la moitié de l'aristocratie portugaise, la construction du quartier orthogonal de la Baixa (après le tremblement de terre de Lisbonne) et la non-reconstruction des églises. Mourant, avec une insurrection de béni oui-oui populo-jésuites sur les bras, on lui apprend qu'on brise ses médailles. "Bah, elle n'étaient pas ressemblantes".

Tino, qui n'aimait au fond que le théâtre, connaissait l'Orestie par coeur : "Je crois encore, fût-ce avec mélancolie, à la fonction cathartique de l'art." J'aime qu'il la cite ainsi, avec la panique créée par la première à Athènes, jusqu'aux fausses-couches : nous sommes toutes et tous, des "miscarriages".

Source :  Film Quarterly, Vol. 17, No. 2 (Winter, 1963-1964), pp. 35-38

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11.11.2006

In partibus cailleratium (articulum princeps)

En chatouillant le masaï d'anthropologie, on verra la raison pourquoi je préfère mille fois discuter avec 500 cailleras de Saint-Denis la nuit en occupant un amphithéâtre, que parler le jour avec un socio-anthropologue d'excellence, spécialiste du téléphone.


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On verra aussi pourquoi leur téléphone ne marche pas si bien. Même si par téléphone, ils se sont aussi occupés de ma progéniture madérienne. Faut dire que depuis la première visite du dominicain Inquisiteur, l'île de Madère est spécialiste de l'auto-dénonciation.

Enfin, l'inquisition moderne c'est par téléphone qu'elle fait perquisition. Ce qui compte c'est de gagner, d'être gagnant-gagneur, pas vrai ?

Mon Orestie préférée

C'est l'histoire d'un type obligé de régler des comptes qui sont pas vraiment les siens. Mais il les règle au point de devenir les siens, parce qu'il faut sortir sa soeur de l'esclavage, et tuer Maman. C'est pas gentil de tuer Maman (elle est morte ce matin, dit A. Camus, et c'est encore pire).

Sauf que pendant longtemps les Erynies, les déesses de la vengeance, poursuivent le type, enfoncé dans la chaîne des vengeances. Il erre, il erre, et comme dit Lacan, les non-dupes errent. Il est un réfugié de fait, et non de droit.
 
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Il est si peu dupe de lui-même et de tout, qu'il arrive à Colone, la banlieue d'Athènes où déjà Oedipe était venu mourir.

On lui envoie une délégation : dis-donc, Oreste, tu vas quand même pas la ramener (sfidare) chez nous ? Et lui de répondre : camarades, si je savais seulement vous dire "j'ai eu raison". Mais non je ne le sais même pas. D'ailleurs la seule chose que je sais c'est que je ne le sais pas. On imagine qu'il y avait un type silencieux dans la délégation pour généraliser ensuite, bien plus tard, cette parole.

La délégation retourne pour aller faire voter l'aréopage. Les dextristes votent Oreste a eu tort, les sinistres votent Oreste a eu raison, à moins que ce ne soit l'inverse, et ça fait 50-50, comme disent les dames du faubourg (fifty-fifty).
Blocage et crise parlementaire. Du coup Athéna la ramène (sfidare), avec sa chouette, et ironise plutôt gravement : moi je vote pour Oreste, non pas parce qu'il a eu raison, mais parce qu'il a eu le courage de poser la question : Athéniens, ai-je eu raison ou tort ?

C'est ainsi que les nouveaux dieux arrivèrent dans la Cité. Les Erinyes devinrent les Euménides, c'est-à-dire les bienveillantes.

Alors ce n'est pas de ma faute si je vous dit ça : que la soeur, c'est le prolétariat-masse des années 60-70 en Italie ; que la Maman, c'est le compromis historique ; que les Erynies, c'est la gauche bien-pensante et si innocente ; que le temple de Delphes, c'est la rue Chapon ; qu'Athéna et les Euménides, on prétend que c'est les autonomes, ce dont je ne suis pas sûr. Mais ce dont je suis absolument sûr, c'est qu'Oreste, c'est Oreste. Et Paolo, évidemment, mais Paolo n'a pas eu même le droit de rester dans son faubourg : Paris 8.

Non, ce qui est de ma faute, c'est que je vous dis que la rue Chapon non seulement j'y serais le mardi 21 novembre à 19 heures, mais que j'appelle à y être tous ceux que l'Orestie italienne intéresse parce qu'elle est dans l'avenir de notre présent. Et plus grave encore, j'appelle à ce qu'on prenne contact avec moi en bas de mes blog-méchancetés pour qu'on fasse le secrétariat du dernier orateur antique et moderne que nous ayons en France : nous sommes tous des protoritaux réfugiés de fait. Et si nous ne faisons rien pour notre collègue Persichetti, nous aurons les Erynies, sans avoir rien commis. Mais jamais les Euménides.

Révisez votre latin et si vous savez parler ritalique c'est mieux que bien. Voyez plutôt le génie du ritalique :

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Source : Oreste, le jour anniversaire 2006 de la boucherie nationale.

 

 

SCRIPTA VOLANT... , 2
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NB pre-scriptum : * je ne peux pas “retraduire” en italien, sauf si quelqu’un/[e] me le demande
(s’il y a une personne “italophone” qui voudrait le faire [bizarrerie... le contraire que d’habitude et, mais à l’apparence..., seulement à l’apparence....plus ‘extravagant], cela serait utile, précieux même !).
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Ce sera la dernière fois (...peut-être... l’avant-, disons, dernière...?) que nous – mes ‘intimes Complices’ &t moi – nous risquons de déranger les un[e]s, les autres... en envoyant à une liste d’adresses hétéroclite, quelque peu arbitraire – projection imaginaire...– où se retrouvent mélangées ‘en vrac’ , d’abord personnes polyglottes, bilangues au moins, mais aussi des personnes, respectivement, franco-... ou bien [r]italo-... [plus, peut-être, aussi... qu’est que j’en sais..., anglo-..., américano-..., hispano-..., luso-..., germano-..., arabo-..., yddish-..., napoléon-..., russe-..., colo-..., sino-..., lombardo-..., venetiano-..., veneto-..., kurdo-..., ladino-..., celto-..., occitano-..., amerindo-..., farsi-..., indiano-..., basco-..., &tcetera, dont esperanto-..., idiolecto (egolatro-...), &t.... –phone et/ou graphe, parfois, peut-être – sans offense pour personne, pour aucune personne en particulier – nov.- voir nôvissimo-languo- [il y en a légion, plus les hybrides...] phono/graphe....
De surcroît, cette liste mélange métiers, professions et non-, rôles, postures, das Sein, auto-certifications, mais encore attitudes ‘supposables’, présumées envers nousautres, et en particulier “celui qui vous écrive ici’, c’est-à-dire le dit-<Oreste>, soi-disant <Moi, je...>, très différentes, de l’amitié à l’inimitié [d’ Hostis <Ennemi publique>, et peut-être aussi –qu’est que j’en sais...Qui en sabe? – d’ inimicus, <ennemi privé>, ou les deux...] ; de la complicité à la méfiance, du ‘feeling’ à l’autisme communicationnel, de l’estime au mépris...ou alors des plus différentes et changeantes nuances, avec en plus combinaisons, dosages..., sarcasme, condescendance, affectuéuse compassion, projections “pedagogiques”.... et quoi d’autre... indifference legerement genée, par exemple [°°°].

Nous nous excusons. Je m’excuse de “mélanger le chèvre et le choux”, d’aligner des ‘trucs’ (parfois des “appels de pied”) très “familiales”, qui peuvent être ressentis comme de l’envahissance insolente, où – d’une façon spéculaire, symétrique – parler comme dans une ‘tirade d’assemblée’, une “philippique”, un tract, une conférence, une performance théâtrale, la mise-en-scéne d’une fausse Conférence, d’une Conférence [de presse, entre autres...]imaginaire, d’une prestation de saltimbanque/cabotin/bonimenteur/cantastorie/.... &tc –... parler de ce thon à des personnes intimes..., dans un mélange continu, un oxymoron continu...’intimopublique/
/publiq’intime’...’mégalohumble’...’egocentrifuge’.... [°°°]

Cela pour dire : * Paolo... on attend le “verdict” sur sa semi-liberté.
* Quant à moi, à cette modeste action, ce petit geste de résistance... je continue, pour ce qui peut valoir...
De maintenant, pour 48 heures 48, je suis contraint d’en rajouter, de rajouter de surcroît
....ne rigolez pas !, même un logomachique (pas “-machiste”, j’ai dit –machique !, qui se défend du jugement/diagnostique – impertinent, non–pertinent – de <logorrhoïque>, en l’occurrence je pourrais tomber d’accord sur une définition [néo-]nosographique de <logomaniaque>, syndrome de logomanie... [toute conjecture, sur base anamnestique, en etiopathogenèse...pas ici, pas maintenant...] ) , même un logo-maniaque, donc, j’étais en train de dire, peut avoir de l’aphonie passagère.... je me vois contraint de rajouter donc, pendent 48 heures à compter de maintenant, une grève de la parole [?!?].

* Premier R.V. (pour qui le voudrait et pourrait) mardi 21 [novembre 2006, of course...] à 19 h., ci dehors/dedans, 35 rue Chapon.

* Mercredi ‘grand maximum’, un texte sur les contextes, sur ‘la suite’.


OFF RECORDS : pour le peu de personnes qui se solidariseraient... on a besoin des “coups de main” les plus variés &t différents : est-ce que vous ne voudrez pas nous envoyer un mail de mise à disposition, d’offre d’une ‘tranche de son temps de vie, et pour quel type d’activité?
Merci, OresteS. &t C...omplices






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dans les dévenir autonomie commune,
Action Libertaire Antipénale

nei divenire autonomia comune,
Azione Libertaria Antipenale

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SCRIPTA VOLANT... , 2
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Sciopero della libertà[*]

[* Sul paradosso della libertà °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
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1. Le 10 nov. 06, à 13:27, trivum@no-log.org a écrit :
http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=72499


<<<<< Recours de Persichetti : Oreste Scalzone s'autoembastille à Paris >>>>>

<<< On répercute d'abord une dépêche de l' Agence ANSA [l'équivalent de l'AFP pour l'Italie], daté Paris le 6 novembre :

<< ANSA, Paris le 6 novembre – TERRORISME : INITIATIVE D'ORESTE SCALZONE EN SOLIDARITÉ AVEC PERSICHETTI. L'EX-LEADER DE POTERE OPERAIO S'AUTOEMPRISONNE DANS UNE CELLULE

L'ex-leader de Potere Operaio [Pouvoir Ouvrier] s'installera dans un local de 14 m2, sans interrompre ses "relations publiques" - téléphone, internet - auxquels "s'ajoutera probablement une webcam qui permettra un contrôle par monitoring continu".

Scalzone a décidé son geste "par empathie, pour tenter de faire qu'un ami se sente moins seul, pour résister, protester, dénoncer, pour la ramener".

"L'objectif immédiat de mon action, a ajouté Scalzone, est l'application de la mesure prévue par la loi "Gozzini" en faveur de Paolo [Persichetti] : c'est en effet mercredi prochain que sera examiné le nième recours de demande de semi-liberté".

Scalzone a invité les journalistes et les amis à venir le retrouver, dès demain après-midi [7 novembre], dans son espace d'"autoréclusion" au rez-de-chaussée du 35 rue Chapon, Paris 3ème arr.

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COMMENTAIRE :

Voir aussi son blog
(je traduis un incipit :

" je commence cette petite action qui consiste en un un geste d'auto reclusion en solidarité avec paolo persichetti, comme une petite pierre en contribution a une campagne de protestation , de revendication , de résistance sur ce cas exemplaire ;

non seulement pour le destin d'un seul mais pour celui de beaucoup d'autres ( donc ni l'individualisation d'un soutien ni une question " privée.")

a partir de 18h30, je suis " en place", et serai heureux de de recevoir toute visite ( y compris de " contrôle) ou demande d''éclaircissement"


http://orestescalzone.over-blog.com/article-4467454.html


le 10/11/2006 à 13h18

( Anthropologie Paris 8 DEMS, le 10/11/2006)

10.11.2006

Mon collègue Persichetti

(D'un traducteur parlant italien comme une vache portugaise :)

Terrorisme : Initiative d'Oreste Scalzone en solidarité avec Persichetti. L'ex-leader de Potere Operario s'autoemprisonne dans une cellule.

Agence ANSA, Paris le 6 novembre.

L'ex-leader de Potere Operaio [Pouvoir Ouvrier] s'installera dans un local de 14 m2, sans interrompre ses "relations publiques" - téléphone, internet - auxquels "s'ajoutera probablement une webcam qui permettra un contrôle par monitoring continu". Scalzone a décidé son geste "par empathie, pour tenter de faire qu'un ami se sente moins seul, pour résister, protester, dénoncer, pour la ramener".

"L'objectif immédiat de mon action, a ajouté Scalzone, est l'application de la mesure prévue par la loi "Gozzini" en faveur de Paolo [Persichetti] : c'est en effet mercredi prochain que sera examiné le nième recours de demande de semi-liberté".

Scalzone a invité les journalistes et les amis à venir le retrouver, dès demain après-midi [7 novembre], dans son espace d'"autoréclusion" au rez-de-chaussée du 35 rue Chapon, Paris 3ème arr.

09.11.2006

Clausewitz 0 : Réduction de la métaphore stratégique

Dans le séminaire précédent (enfin il commence !), on s'est borné à présenter notre intitulé, et en particulier nos quatre propositions d'orientation. Plus exactement, nous avons commencé, à titre purement introductif, de faire résonner la première proposition (il faut penser la guerre) sur les trois autres.

Nous avons alors reconnu un vice de l'époque, qui, depuis la seconde guerre mondiale, consiste en une extension généralisée de la métaphore stratégique. D'une part, tout ce que Weber appelait le rationnel selon une fin (zweckrationnal), est réputé "stratégique", même quand on va faire ses courses (Habermas combinera ainsi l'agir stratégique et l'agir communicationnel). D'autre part le champ de la guerre devient indistinct : opération internationale de police, intoxication publicitaire-armée, et, évidemment, le sacro-saint terrorisme. (Méchant dans certains cas, j'en conviens.) Il n'y a plus de guerre dit-on, mais des "états de violence" (cf. "la liseuse", Frédéric Gros).

On tentera de montrer aujourd'hui qu'une théorie (3ème proposition) de l'art (2ème proposition) n'est possible qu'à la condition négative d'une restriction de la métaphore stratégique. Voilà un chemin difficile. Mais il y a une condition positive, quoiqu'ascétique : remettre la pensée - Clausewitz pas morte, ni même moribonde (4ème proposition), dans notre temps.

Et on peut l'y mettre puisqu'elle est transhitorique, transpolitique, transséquentielle. Eternelle au sens grec, c'est-à-dire établie dans le toujours-du-temps.

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