01.12.2006
Anthropologie & philosophie
La philosophie moderne, depuis au moins le texte de Descartes sur Les Passions de l'âme, si ce n'est le pamphlet De La servitude volontaire de La Boétie, ouvre le premier cheminement vers l'anthropologie moderne. L'Anthropologie au point de vue pragmatique de Kant, achève ce parcours dans lequel la notion d'âme va lentement se décomposer.
L'Ethique de Spinoza en constitue aussi bien tournant qu'une singularité : non seulement la notion d'âme y est totalement subvertie, mais elle s'incrit dans une nouvelle topique de proportionnalité avec le corps : action et passion ne peuvent plus y être pensées en raison inverse comme dans les termes traditionnels. Ni une passion de l'âme n'est une action du corps, ni une passion du corps n'est une action de l'âme. Le désir humain est alors le vecteur essentiel à partir desquels se pensent la variabilité des affects selon les individus correspondants à une situation de corps : biologique, social, politique.La quatrième partie de l'Ethique (De la servitude humaine) et qui ferait presque écho à La Boétie, nous intéressera cette année pour sa tentative de penser la politique comme variation du désir d'un corps collectif. Prise dans les affects négatifs, elle s'articule toujours comme pouvoir (potestas). Entendue comme variation positive, elle a trait à la puissance (potentia). En sorte qu'il n'y a que deux partis : celui par lequel on entend traiter la puissance dans les conditions du pouvoir, et qui mène à toute tyrannie ancienne ou moderne, ou celui de traiter le pouvoir dans les conditions de la puissance, et c'est pour Spinoza, le parti de la raison comme celui de la liberté.
Cette discussion est de tout intérêt en anthropologie politique, dès lors qu'elle ne considère pas l'Etat comme le seul élément, ou l'élément central du politique. Les concepts qu'il faut établir pour tenir ce débat : corps humain, processus mémoriel et signifiant, désir humain, économie des affects, sont aussi utiles à tous les domaines de l'anthropologie contemporaine.
Bibliographie sommaire :
B. Spinoza, Ethique, texte bilingue (Trad. B. Pautrat), Ed. Seuil, Coll. Points.
G. Deleuze, Spinoza. Philosophie pratique. Ed. de Minuit.
HyperSpinoza, Hyper-Ethique
16:15 Publié dans Cours & séminaires 2006 - 2007, Spinoza | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Anthropologie, Philosophie, Spinoza, Ethique, La Boétie, Deleuze, Pautrat
09.11.2006
Eléments pour une anthropologie de la guerre (la pensée - Clausewitz)
Bibliographie sommaire :
Carl von Clausewitz, De la guerre, Trad. Denise Naville, Ed. de Minuit, 1955.
ID., Vom Kriege. Hinterlassenes Werk des Carl von Clausewitz. Teil 1 - 3 (16. veränderte Auflage) Vollständige Ausgabe im Urtext mit historisch-kritischer Würdigung. Hrsg.: W. Hahlweg, Bonn 1952
05:35 Publié dans Clausewitz, Cours & séminaires 2006 - 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Anthropologie, Clausewitz, Clastres, Sun Ze
08.11.2006
Durkheim & le totémisme - Sociologie des religions 1
1er semestre 2006 - 2007. Paris 8, salle D 008, le lundi 12h - 15h
Dans Les formes élémentaires de la vie religieuse, E. Durkheim croit pouvoir définir la religion et déduire la structure de tout le « fait » religieux sur la base d’une notion essentielle : le sacré. Le « totémisme », tel que vu par ses prédécesseurs (Frazer, Tylor, Spencer, Gillen), se présente alors comme un modèle général d’économie du sacré, qui fera école jusque chez Caillois et Bataille. On en dégagera les traits essentiels, et on en fera un bilan critique.
Bibliographie de base (les indications complémentaires seront données au cours du semestre)
DURKHEIM, Emile (1912) : Les formes élémentaires de la vie religieuse, Collection Quadriges, PUF. Ou : Livre de poche.
Caillois, Roger (1939) : l’Homme et le sacré, Collection « Folio », Gallimard.
12:30 Publié dans Cours & séminaires 2006 - 2007, Durkheim | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sociologie, Anthropologie, Durkheim, Mauss, Bataille, Caillois, totémisme








