01.12.2006
Anthropologie & philosophie
2ème semestre 2006 - 2007, Paris 8
Ce séminaire propose aux étudiants une réflexion sur les fondements épistémologiques de l'anthropologie à partir d'un dialogue avec la philosophie. On suppose en effet que certains postulats de l'anthropologie peuvent être rapportés à certains philosophèmes plus ou moins explicites. Il s'agit, pour peu que le rapport à la philosophie soit entendu par les anthropologues comme une bonne rencontre et non un présupposé, de proposer aux étudiants engagés dans un processus de recherche une remontée réflexive et critique vers leurs postulats.
La philosophie moderne, depuis au moins le texte de Descartes sur Les Passions de l'âme, si ce n'est le pamphlet De La servitude volontaire de La Boétie, ouvre le premier cheminement vers l'anthropologie moderne. L'Anthropologie au point de vue pragmatique de Kant, achève ce parcours dans lequel la notion d'âme va lentement se décomposer.
L'Ethique de Spinoza en constitue aussi bien tournant qu'une singularité : non seulement la notion d'âme y est totalement subvertie, mais elle s'incrit dans une nouvelle topique de proportionnalité avec le corps : action et passion ne peuvent plus y être pensées en raison inverse comme dans les termes traditionnels. Ni une passion de l'âme n'est une action du corps, ni une passion du corps n'est une action de l'âme. Le désir humain est alors le vecteur essentiel à partir desquels se pensent la variabilité des affects selon les individus correspondants à une situation de corps : biologique, social, politique.
La quatrième partie de l'Ethique (De la servitude humaine) et qui ferait presque écho à La Boétie, nous intéressera cette année pour sa tentative de penser la politique comme variation du désir d'un corps collectif. Prise dans les affects négatifs, elle s'articule toujours comme pouvoir (potestas). Entendue comme variation positive, elle a trait à la puissance (potentia). En sorte qu'il n'y a que deux partis : celui par lequel on entend traiter la puissance dans les conditions du pouvoir, et qui mène à toute tyrannie ancienne ou moderne, ou celui de traiter le pouvoir dans les conditions de la puissance, et c'est pour Spinoza, le parti de la raison comme celui de la liberté.
Cette discussion est de tout intérêt en anthropologie politique, dès lors qu'elle ne considère pas l'Etat comme le seul élément, ou l'élément central du politique. Les concepts qu'il faut établir pour tenir ce débat : corps humain, processus mémoriel et signifiant, désir humain, économie des affects, sont aussi utiles à tous les domaines de l'anthropologie contemporaine.
Bibliographie sommaire :
B. Spinoza, Ethique, texte bilingue (Trad. B. Pautrat), Ed. Seuil, Coll. Points.
G. Deleuze, Spinoza. Philosophie pratique. Ed. de Minuit.
HyperSpinoza, Hyper-Ethique
La philosophie moderne, depuis au moins le texte de Descartes sur Les Passions de l'âme, si ce n'est le pamphlet De La servitude volontaire de La Boétie, ouvre le premier cheminement vers l'anthropologie moderne. L'Anthropologie au point de vue pragmatique de Kant, achève ce parcours dans lequel la notion d'âme va lentement se décomposer.
L'Ethique de Spinoza en constitue aussi bien tournant qu'une singularité : non seulement la notion d'âme y est totalement subvertie, mais elle s'incrit dans une nouvelle topique de proportionnalité avec le corps : action et passion ne peuvent plus y être pensées en raison inverse comme dans les termes traditionnels. Ni une passion de l'âme n'est une action du corps, ni une passion du corps n'est une action de l'âme. Le désir humain est alors le vecteur essentiel à partir desquels se pensent la variabilité des affects selon les individus correspondants à une situation de corps : biologique, social, politique.La quatrième partie de l'Ethique (De la servitude humaine) et qui ferait presque écho à La Boétie, nous intéressera cette année pour sa tentative de penser la politique comme variation du désir d'un corps collectif. Prise dans les affects négatifs, elle s'articule toujours comme pouvoir (potestas). Entendue comme variation positive, elle a trait à la puissance (potentia). En sorte qu'il n'y a que deux partis : celui par lequel on entend traiter la puissance dans les conditions du pouvoir, et qui mène à toute tyrannie ancienne ou moderne, ou celui de traiter le pouvoir dans les conditions de la puissance, et c'est pour Spinoza, le parti de la raison comme celui de la liberté.
Cette discussion est de tout intérêt en anthropologie politique, dès lors qu'elle ne considère pas l'Etat comme le seul élément, ou l'élément central du politique. Les concepts qu'il faut établir pour tenir ce débat : corps humain, processus mémoriel et signifiant, désir humain, économie des affects, sont aussi utiles à tous les domaines de l'anthropologie contemporaine.
Bibliographie sommaire :
B. Spinoza, Ethique, texte bilingue (Trad. B. Pautrat), Ed. Seuil, Coll. Points.
G. Deleuze, Spinoza. Philosophie pratique. Ed. de Minuit.
HyperSpinoza, Hyper-Ethique
16:15 Publié dans Cours & séminaires 2006 - 2007, Spinoza | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Anthropologie, Philosophie, Spinoza, Ethique, La Boétie, Deleuze, Pautrat
07.11.2006
Ouverture de l’œuvre en Ouvroir académique dans un style un tant soit peu lacanique
J’ouvre l’ouvroir par souci de l’œuvre, démique plutôt qu’aca, du moins je l’espère.
Par bonheur mémorial d’avoir eu ma jeunesse, si peu durable, et si peu innocente, je lui dirai de quel bois je me chauffe, à l’aca-nerie.
Si ça lui vient à l’esprit et convient à son humeur, le demos jugera de cette concession que je dois faire à ce que Lacan appelait la poubellication : l’art de publier avant d’écrire, fort prisé par les universitaires, les universels reportages, les univers moi-je du petit roman français. D’ailleurs tous ces discours convergent vers la France-culture qui n’est que le pendant de la France qui communique. De l’aca quoi.
Faut bien que je m’y mette, à de l’en-cas-démique, car j’ai des étudiants qui semblent vouloir trouver matière à ne pas se conglomérer en fayots. Et qui demandent de la trace écrite autre que des tracts (déjà pas mal dans leur genre je crois). C’est pour eux qu’on sent trac et gloire à venir en fac, et comment se peut-il que d’autres n’y viennent que pour les collègues. Parler au peuple ça vaut mille fois mieux que s’enmoquetter collégialement. La collégialité c’est un bienfait des ignorants, que le sage, dit Spinoza, doit décliner autant qu’il est possible.
C’est donc au populo que je m’adresse, ainsi qu’à tous ceux qui voudraient à leur manière faire oeuvre d’une part si minime soit-elle de leur vie. Car la république c’est cela : le biais par lequel chacun peut être appelé à faire son œuvre, et y trouve matière à. L’œuvre, au noir ou en clair, le Beruf quoi, le sacer-docere bien rouge du hussard.
Faut bien que je m’y mette, à de l’en-cas-démique, car j’ai des étudiants qui semblent vouloir trouver matière à ne pas se conglomérer en fayots. Et qui demandent de la trace écrite autre que des tracts (déjà pas mal dans leur genre je crois). C’est pour eux qu’on sent trac et gloire à venir en fac, et comment se peut-il que d’autres n’y viennent que pour les collègues. Parler au peuple ça vaut mille fois mieux que s’enmoquetter collégialement. La collégialité c’est un bienfait des ignorants, que le sage, dit Spinoza, doit décliner autant qu’il est possible.
C’est donc au populo que je m’adresse, ainsi qu’à tous ceux qui voudraient à leur manière faire oeuvre d’une part si minime soit-elle de leur vie. Car la république c’est cela : le biais par lequel chacun peut être appelé à faire son œuvre, et y trouve matière à. L’œuvre, au noir ou en clair, le Beruf quoi, le sacer-docere bien rouge du hussard.
Je vais enfin commencer à éviter la polémique. Mais n’oubliez pas qu’étant père-siffleur à p8, là où Lacan amena sa chienne pour nous traiter d’hystériques, là où le ça de Vincennes advint à Saint-Denis sans faire je, mais grumeleuse conformité de petits maîtres en mal de câlins du Léviathan, nous sommes au milieu de la « racaille ». Et que ça donne toujours des tâches aussi interminables que l’assèchement du Zuydersee.
La racaille ? Eh bien ! j’en suis, comme dit la chanson. Et j'ai bien l'honneur d’être celui qui donna un kairos à la caillera, par le biais du département en-trop-ologie qui est autant la proie de mon travail, et de quelques autres, que l’ombre des paresseux publics. Les tellement modérés qu’ils en sont médiocres sous leur palmes. Ils m’ont traité de fou, sans même savoir qu’ils me faisaient l’éloge d’Erasme.
Mais passons aux choses sérieuses de l’écrit, tout du moins quelques bonnes pages, s’il y en a. Je ne ferai pas l'anthropologue profond ou le sociologue communiquant de service (il y en a qui veulent qu’on leur donne ce titre pour leur comm., un peu comme l’Etat du Panama qu’on a creusé pour son canal, et non l’inverse). Je n’ai pas de carrière, et je me contente de peu : argent, pouvoir, reconnaissance, ça me va merci.
Durkheim et Weber, je les soigne en leur tirant la barbiche, en leur léchant le col à tarte : enfin il leur arrive quelque chose. Spinoza, Clausewitz, c’est beaucoup plus sérieux. Mon kantisme (oui, j’aime Kant) n’existe que pour les super-ficieux, un peu comme les autonomes pensent que je suis gaulliste. Souvent des camarades, le peloton des expost ou des postex, qui voudraient me fusiller.
On m’a donné une Sparte. Elle s’appelle ma pomme et il s’agit de la briquer un peu avant que Deus sive natura me la reprenne. Qu’elle serve désormais plus par l’écrit que par la parole.
Et parce que ma danseuse, cette pulsion militante que j’ai prise à 16 ans à l’été 1971 au kibboutz de mashaabé-saadeh (on y traitait les palestiniens comme la gauche française les fellaghas) ; voudrait prendre d’autres voies que celles de mes épuisantes journées.
Pour l’agora, je fouetterai d’autres chats. Jusqu’au sang des innocents. Car, c’est une antienne de Hegel : « Il n’y a d’innocent que le ne-rien-faire, c’est-à-dire l’être d’une pierre, et pas même celui d’un enfant ».
Ca tombe bien, car je suis pédophobe égaré parmi la gestion pédophile des flux. Et l’île de Madère est spécialiste du trafic depuis que l’Inquisiteur se réclamait pédagogue. Et quand je vois cette île, surmontée d'un sombre nuage d'évaporation dans l'archipel de Zarko, j'ai l'écho du malheur ancien des exilés profs de latin : "Mein Grab wird kein Pyramid sein, sondern ein Vulcan".
Allez, je vous le dis comme le vieux Dr. Sargo júnior (entre un voyage forcé à Cabo Verde et une cage de la PIDE à Lisbonne) : « Quand la lumière viendra de Coïmbre [l’Université], ce sera à cause d’un incendie. »
20:15 Publié dans Blo-uvroir-g | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Sociologie, Anthropologie, Université, Paris 8, Durkheim, Weber, Spinoza








