15.11.2006
Mendes Sargo (père) et Visconti
Quand je le trouvais à Los Angeles en pleine insurrection du South Central, il me dit, en son mouroir : "Doudou, ta mère avait ses avocats, et moi j'avais mes valises".
On se souvient d'un film de Tino (Celestino) Mendes Sargo comme diplôme de UCLA. Mal développé, on ne voit que rouge et du vert. "Bah, le cinéma est un genre mineur. Et puis c'est le drapeau portugais qui me poursuit."
Voilà qui me fait penser au Marquis de Pombal (le Richelieu du Portugal), ayant à son actif l'assassinat de la moitié de l'aristocratie portugaise, la construction du quartier orthogonal de la Baixa (après le tremblement de terre de Lisbonne) et la non-reconstruction des églises. Mourant, avec une insurrection de béni oui-oui populo-jésuites sur les bras, on lui apprend qu'on brise ses médailles. "Bah, elle n'étaient pas ressemblantes".
Tino, qui n'aimait au fond que le théâtre, connaissait l'Orestie par coeur : "Je crois encore, fût-ce avec mélancolie, à la fonction cathartique de l'art." J'aime qu'il la cite ainsi, avec la panique créée par la première à Athènes, jusqu'aux fausses-couches : nous sommes toutes et tous, des "miscarriages".
Source : Film Quarterly, Vol. 17, No. 2 (Winter, 1963-1964), pp. 35-38

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