03.10.2007

Max Weber pour anthropologues : thèmes et problèmes

On se propose d'introduire à l'œuvre de Max Weber (1864 - 1920) en suivant le fil conducteur fourni par Économie et société (notamment les chapitres I, sur les "concepts fondamentaux de la sociologie", et III, sur "les types de la domination"), le seul texte, hélas inachevé et posthume (1921), par lequel l'auteur une sorte de récapitulation et de systématisation de sa doctrine.

On verra que, dès la naissance de la sociologie comme discipline universitaire reconnue, les traditions allemande et française désignent sous ce nom des visions très différentes en termes d'épistémologie, de méthode, et même d'objets. Dans l'Allemagne post-kantienne et post-hégélienne du XIXème siècle, et au bout du long chemin qui mène à la constitution de ce que les allemands appellent encore souvent "sciences de l'esprit" (Geisteswissenshaften), se développe et s'affermit une défiance profonde autant à l'égard de la philosophie de l'histoire native qu'à celui de la sociologie française ou anglaise "qui n'aperçoivent dans la description du singulier que la simple matière première de leurs abstractions" (W. DILTHEY, Introduction aux sciences de l'esprit, 1883, in : Œuvres I, trad. S. Mesure, Ed. du CERF, Paris 1992).

L'examen de cette différence sur les plans epistémologique, problématique et thématique est susceptible, croyons-nous, d'intéresser les anthropologues, soucieux de situer leur discipline par rapport à la sociologie. Avec cette difficulté immense, toutefois, que les lignes de partage ne courent pas forcément là où on le croit, et que les disciplines elles-mêmes en sont irrémédiablement traversées. Enfin, outre le scepticisme que lui inspirait toute vision de "prétendues structure sociales" (Economie et société, Vol. I, p. 58), on aura à distinguer chez Max Weber une aversion sous-jacente, toute nietzschéenne, à l'égard du discours universitaire et ses vaines catégories. Car le "savant", comme sujet de ce discours, pourrait bien être au même régime éthique et scientifique que l'auteur attribuait à la figure du "besogneux" qui domine l'esprit du capitalisme moderne à la fin de l'Ethique protestante : "Voluptueux sans cœur, et spécialiste sans vision, ce néant s'imagine avoir gravi tous les degrés de l'humanité".

Quoi qu'il en soit, on se propose de mettre le texte de Weber, ainsi que toutes les notions caractérisques (idéal-type, contexte significatif, déterminants de l'activité sociale, ordres  légitimes, groupements, groupement politique et hiérocratique, types de la domination), en écho avec des questions traditionnelles et contemporaines des "sciences" sociales.

Bibliographie de base

Max WEBER, Economie et société (2 Vol.), Plon, Pocket, "Coll. Agora", 1995 (Trad. Chavy et Dampierre) 

07.11.2006

Ouverture de l’œuvre en Ouvroir académique dans un style un tant soit peu lacanique

J’ouvre l’ouvroir par souci de l’œuvre, démique plutôt qu’aca, du moins je l’espère.

Par bonheur mémorial d’avoir eu ma jeunesse, si peu durable, et si peu innocente, je lui dirai de quel bois je me chauffe, à l’aca-nerie.

Si ça lui vient à l’esprit et convient à son humeur, le demos jugera de cette concession que je dois faire à ce que Lacan appelait la poubellication : l’art de publier avant d’écrire, fort prisé par les universitaires, les universels reportages, les univers moi-je du petit roman français. D’ailleurs tous ces discours convergent vers la France-culture qui n’est que le pendant de la France qui communique. De l’aca quoi.

Faut bien que je m’y mette, à de l’en-cas-démique, car j’ai des étudiants qui semblent vouloir trouver matière à ne pas se conglomérer en fayots. Et qui demandent de la trace écrite autre que des tracts (déjà pas mal dans leur genre je crois). C’est pour eux qu’on sent trac et gloire à venir en fac, et comment se peut-il que d’autres n’y viennent que pour les collègues. Parler au peuple ça vaut mille fois mieux que s’enmoquetter collégialement. La collégialité c’est un bienfait des ignorants, que le sage, dit Spinoza, doit décliner autant qu’il est possible.

C’est donc au populo que je m’adresse, ainsi qu’à tous ceux qui voudraient à leur manière faire oeuvre d’une part si minime soit-elle de leur vie. Car la république c’est cela : le biais par lequel chacun peut être appelé à faire son œuvre, et y trouve matière à. L’œuvre, au noir ou en clair, le Beruf quoi, le sacer-docere bien rouge du hussard.

Je vais enfin commencer à éviter la polémique. Mais n’oubliez pas qu’étant père-siffleur à p8, là où Lacan amena sa chienne pour nous traiter d’hystériques, là où le ça de Vincennes advint à Saint-Denis sans faire je, mais grumeleuse conformité de petits maîtres en mal de câlins du Léviathan, nous sommes au milieu de la « racaille ». Et que ça donne toujours des tâches aussi interminables que l’assèchement du Zuydersee.

La racaille ? Eh bien ! j’en suis,  comme dit la chanson. Et j'ai bien l'honneur d’être celui qui donna un kairos à la caillera, par le biais du département en-trop-ologie qui est autant la proie de mon travail, et de quelques autres, que l’ombre des paresseux publics. Les tellement modérés qu’ils en sont médiocres sous leur palmes. Ils m’ont traité de fou, sans même savoir qu’ils me faisaient l’éloge d’Erasme.
 
Mais passons aux choses sérieuses de l’écrit, tout du moins quelques bonnes pages, s’il y en a. Je ne ferai pas l'anthropologue profond ou le sociologue communiquant de service (il y en a qui veulent qu’on leur donne ce titre pour leur comm., un peu comme l’Etat du Panama qu’on a creusé pour son canal, et non l’inverse). Je n’ai pas de carrière, et je me contente de peu : argent, pouvoir, reconnaissance, ça me va merci.

Durkheim et Weber, je les soigne en leur tirant la barbiche, en leur léchant le col à tarte : enfin il leur arrive quelque chose. Spinoza, Clausewitz, c’est beaucoup plus sérieux. Mon kantisme (oui, j’aime Kant) n’existe que pour les super-ficieux, un peu comme les autonomes pensent que je suis gaulliste. Souvent des camarades, le peloton des expost ou des postex, qui voudraient me fusiller.

On m’a donné une Sparte. Elle s’appelle ma pomme et il s’agit de la briquer un peu avant que Deus sive natura me la reprenne. Qu’elle serve désormais plus par l’écrit que par la parole.

Et parce que ma danseuse, cette pulsion militante que j’ai prise à 16 ans à l’été 1971 au kibboutz de mashaabé-saadeh (on y traitait les palestiniens comme la gauche française les fellaghas) ; voudrait prendre d’autres voies que celles de mes épuisantes journées.

Pour l’agora, je fouetterai d’autres chats. Jusqu’au sang des innocents. Car, c’est une antienne de Hegel : « Il n’y a d’innocent que le ne-rien-faire, c’est-à-dire l’être d’une pierre, et pas même celui d’un enfant ».

Ca tombe bien, car je suis pédophobe égaré parmi la gestion pédophile des flux. Et l’île de Madère est spécialiste du trafic depuis que l’Inquisiteur se réclamait pédagogue. Et quand je vois cette île, surmontée d'un sombre nuage d'évaporation dans l'archipel de Zarko, j'ai l'écho du malheur ancien des exilés profs de latin : "Mein Grab wird kein Pyramid sein, sondern ein Vulcan".
 
Allez, je vous le dis comme le vieux Dr. Sargo júnior (entre un voyage forcé à Cabo Verde et une cage de la PIDE à Lisbonne) : « Quand la lumière viendra de Coïmbre [l’Université], ce sera à cause d’un incendie. »